Auteur/autrice : salome_adm

  • Journalisme : entre génie collectif et crise de nerfs

    Journalisme : entre génie collectif et crise de nerfs

    Deux semaines, c’est long. Enfin, c’est ce qu’on croyait au départ. On s’est dit, confiants et un brin naïfs, que 8 jours pour adapter des articles du web à un journal papier, c’était une promenade de santé. Sauf que la promenade s’est vite transformée en marathon sous 40 degrés, avec des crises d’hyperphagie au distributeur de l’école, et une équipe jonglant entre éclats de rire nerveux et envies de tout brûler.

    Martin, Nathan, Maxence et moi avons eu la brillante idée de faire un dossier de trois doubles pages sur l’Ukraine. Facile, non ? Sauf que choisir les articles nous a pris un temps fou. Trier, encore pire. Puis, devant le casse-tête, on a décidé d’en écrire nous-mêmes (tant qu’à souffrir, autant le faire jusqu’au bout). Une fois ce calvaire terminé, place à la maquette : comment organiser tout ça ? On change, on rechange, on revient à la version initiale, puis finalement… non, on rechange encore. Ajoutez à ça le choix des photos, le travail sur l’ordinateur, les ajustements incessants… et nous voilà en pleine tornade journalistique.

    Travailler avec ses amis, c’est génial. Être d’accord sur tout et avancer au même rythme ? Utopique. Entre baisses de motivation et débats sans fin, on a découvert que le vrai défi du journalisme, ce n’est pas juste d’écrire : c’est de survivre à la conférence de rédaction. Un enfer thermique où tout le monde parle plus fort que tout le monde. L’EFJ ou le zoo, on ne sait plus trop.

    Bref, deux semaines, c’était beaucoup. Puis c’était trop peu. Mais malgré les nerfs mis à rude épreuve, je suis fière de nous. Fière de notre groupe, de la classe, de toutes les rubriques confondues. Bravo à nous, et vive l’EFJ de Bordeaux !

  • « Au marché des Capucins, la peur s’invite entre chaque étal »

    « Au marché des Capucins, la peur s’invite entre chaque étal »

    Drogue, agressions, harcèlement de rue, meurtres… Au marché des Capucins, l’ambiance n’est plus seulement à la vente et à l’échange. Derrière les étals, commerçants et riverains témoignent d’un quotidien de plus en plus inquiétant.

    Ce jeudi 27 février, sous un ciel gris, les allées du marché des Capucins s’animent comme à leur habitude. Les clients font leurs emplettes, les marchands installent leurs produits et échangent avec leur clientèle. Pourtant, derrière cette routine commerciale, un sentiment d’inquiétude persiste. Plusieurs commerçants partagent une même appréhension face à l’insécurité croissante dans le quartier. Le marché des Capucins et ses alentours sont depuis longtemps connus pour être un secteur sensible, mais la situation semble empirer, entre trafics, harcèlement de rue et violences.

    Ces derniers temps, les faits divers s’enchaînent autour du marché. Trafic de drogue, violences, harcèlement de rue… En un mois, deux meurtres ont secoué le quartier, dont un à quelques rues des étals. Riverains et commerçants, excédés, dénoncent une situation qui bascule dans l’horreur.

    « C’est lié à la drogue, tout est lié à la drogue », lâche Charlotte, marchande de fruits et légumes. Il y a une semaine, un homme a été exécuté en pleine rue, tout près du marché. Il y a peu, un individu ivre ou sous l’emprise de stupéfiants a arraché une bouteille chez un commerçant avant de le menacer avec.

    L’insécurité ronge désormais leur quotidien. Certains commerçants ont été suivis après leur service, d’autres se font harceler ou agresser. « L’année dernière, une employée de bureau a été poignardée pour 200 euros. Elle n’est pas morte, mais en est totalement traumatisée », souffle Charlotte.

    « Je me sens plus en sécurité au Mexique qu’ici… »

    Face à cette montée de l’insécurité, les commerçants oscillent entre résignation et solidarité. Gaëlle, qui travaille Chez Christophe depuis huit ans, avoue qu’elle évite certains endroits : « Je change de trottoir quand je vois des gens qui pourraient m’embêter. » La rue Élie Gintrac revient sans cesse dans les conversations, tant elle incarne l’insécurité du quartier. Considérée comme un point sensible du trafic de drogue et des agressions, elle est redoutée par les commerçants et riverains, qui préfèrent l’éviter par précaution. Anne, qui tient une boulangerie, ne cache plus son inquiétude : travailler seule dans ce contexte devient difficile. Même constat pour Andrea, une étudiante mexicaine employée chez Un brin d’Asie : « Je me sens plus en sécurité au Mexique qu’ici… » Pourtant, au milieu de cette tension, une lueur d’espoir subsiste : la solidarité entre marchands. « On s’entraide, on se soutient », affirme Charlotte. Mais jusqu’à quand pourront-ils tenir face à une insécurité qui gangrène leur quotidien ?

    Salomé Menu, EFJ Bordeaux, le 27 février 2025

  • Martin Scorsese : L’homme qui filmait l’âme humaine

    Martin Scorsese : L’homme qui filmait l’âme humaine

    Sa caméra tremble, ses héros vacillent, son cinéma explore sans relâche la nature humaine. Depuis plus de cinq décennies, Martin Scorsese façonne des récits brutaux et universels, marqués par la foi, la violence et la rédemption.

    Visionnaire insatiable, Scorsese orchestre le chaos et la beauté du monde à travers des collaborations mythiques, redéfinissant sans cesse les codes du cinéma. D’abord Robert De Niro, son double cinématographique, avec qui il façonne des monuments du septième art comme Taxi Driver (1976) et Raging Bull (1980). Puis Leonardo DiCaprio, figure d’une nouvelle génération d’anti-héros, qu’il dirige dans Shutter Island (2010) et The Wolf of Wall Street (2013).

    « Péché et rédemption,

    un reflet de

    ses propres dilemmes »

    Pourtant, derrière la brutalité de ses films, une autre force anime Scorsese : la foi. Élevé dans une famille catholique, il n’a cessé de questionner la religion et la morale, que ce soit dans La Dernière Tentation du Christ (1988) ou Silence (2016). Son cinéma oscille entre péché et rédemption, violence et quête spirituelle, comme un reflet de ses propres dilemmes.

    Né en 1942 dans le quartier italo-américain de Little Italy à New York, Martin Charles Scorsese grandit dans un monde régi par des codes d’honneur et des rivalités. Souffrant d’asthme, il est souvent contraint d’éviter les activités physiques extérieures et trouve refuge dans les salles obscures de New York, où il découvre l’impact saisissant du cinéma et développe une passion qui le suivra toute sa vie. Il intègre la Tisch School of the Arts et se forge un style unique, à la croisée du classicisme hollywoodien et du néoréalisme italien.

    Scorsese en chiffres :

    • 50 ans de carrière
    • Plus de 25 longs-métrages
    • 9 collaborations avec Robert De Niro
    • 14 nominations aux Oscars

    Toutes les nominations et récompenses de Martin Scorsese au fil de sa carrière.

    « Un gardien du 

    patrimoine 

    cinématographique »

    Si Scorsese est un conteur hors pair, il est aussi un gardien du patrimoine cinématographique. En 1990, il fonde The Film Foundation pour restaurer les chefs-d’œuvre du passé et préserver l’héritage du septième art. Aujourd’hui, à 81 ans, il demeure un cinéaste incontournable, dont chaque film est un événement mondial. Plus qu’un réalisateur, il est une mémoire vivante du cinéma, un observateur inlassable de la condition humaine.

  • Nathan, 22 ans, ancien cocaïnomane : « J’ai compris qu’on pouvait m’aimer sans »

    Nathan, 22 ans, ancien cocaïnomane : « J’ai compris qu’on pouvait m’aimer sans »

    À 22 ans, Liam raconte son addiction à la cocaïne, une descente progressive dont il ne mesurait pas l’ampleur. Entre euphorie, perte de contrôle et manque, il revient sur ses années d’excès et le déclic qui l’a poussé à arrêter.

    La consommation de cocaïne est devenue un phénomène préoccupant en France, touchant de plus en plus de jeunes adultes. Selon Drogues Info Service, l’addiction à cette substance se caractérise par des envies impulsives, appelées « cravings », qui poussent les individus à consommer pour éviter des états de déprime ou de « down ».

    Liam, 22 ans, en sait quelque chose. Pris dans l’engrenage, il a connu l’euphorie, la perte de contrôle et le manque. Aujourd’hui, il raconte sans filtre son parcours, de la première ligne à la sortie de l’addiction. Un témoignage cru qui met en lumière la réalité d’une drogue plus dangereuse qu’elle n’y paraît.

    1- Peux-tu nous parler de ta première expérience avec la cocaïne ? Dans quel contexte as-tu consommé pour la première fois ?

        C’était à Paris, en boîte de nuit. L’ami d’un ami m’en a proposé pour essayer, gratuitement, et par curiosité j’ai dit oui, pour l’expérience quoi. Je n’avais pas peur d’en prendre parce que j’étais curieux, et bourré d’ailleurs. On est parti dans les toilettes de la boite pour se cacher et on en a pris. J’ai regardé comment le gars faisait et j’ai fait la même chose. Une fois que ça a fait effet, c’était comme si tout ce qui m’entourait était au ralentit et moi, j’étais le seul vif et rationnel. L’effet est à la fois très court et très long parce qu’une fois que les effets de la première ligne s’atténuent, tu as envie d’en reprendre donc ça dure toute la soirée. Et après je n’ai pas réussi à dormir.

        2- À quel moment as-tu réalisé que ta consommation devenait problématique ?

          Quand tu as une addiction, tu ne te rends pas compte que c’est problématique, alors dans le feu de l’action je ne savais pas. Ce sont des souvenirs quand même assez vagues mais je me souviens avoir été inconscient de tout ça. Une anecdote pour vous montrer à quel point j’étais loin de m’inquiéter : pendant ma saison au ski en 2023/2024, je me suis carrément endormie dans la neige parce que j’étais trop défoncé. C’est une personne âgée qui m’a réveillé et sur le moment ça m’a fait beaucoup rire. C’est seulement avec le recul que je me dis que ça aurait pu être fatal. Donc tu vois, je ne me suis pas vraiment rendu compte que c’était problématique.

            3- Quels étaient les effets recherchés ?

            J’adorais le fait que tout le monde paraissait accessible, j’avais confiance en tout ce que je disais et tout ce que j’étais, et peut-être que j’en avais besoin. Disons que je n’ai jamais eu très confiance en moi, et la cocaïne m’a apporté, ou plutôt, m’a donné l’impression de m’apporter tout ce qui me manquait : de l’écoute et des rencontres. Les rencontres étaient tellement faciles avec la cocaïne. Si Dicaprio avait été dans la même soirée que moi je serai allé lui parler comme à une personne lambda. La drogue m’a aussi beaucoup rapproché des légendes que j’admirais… Morrison, Gainsbourg, Mercury, Cobain et tant d’autres. C’est comme si je comprenais leurs arts parce que je comprenais leurs fails.

            « Mes deux narines saignaient, sans que je ne m’en rende compte »

            4- As-tu eu conscience à un moment de perdre le contrôle ?

            Oui plusieurs fois. Par exemple, en septembre 2023, je suis parti à Ibiza pour 3 jours pour fêter la fin de saison avec 2 collègues. Pendant une fête sur la plage je me suis retrouvé sur la piste de danse avec les deux narines en sang, sans même m’en rendre compte, tout mon corps était engourdi. C’est mon ami, Mathieu qui m’a raisonné. Calmement il m’a dit de faire attention, de ne pas allé trop loin. J’ai arrêté quelques minutes et j’ai recommencé, et personne ne pouvait rien dire de toute façon je faisais ce que je voulais.

            5- Y a-t-il eu un événement précis qui t’a poussé à vouloir arrêter ?

            C’est en revenant de saison d’hiver en mars 2024, qu’il s’est produit un évènement que je n’avais pas prévu. La rencontre avec mon amoureuse qui partage toujours ma vie aujourd’hui. On n’était pas encore ensemble qu’elle m’a dit « fais-en ce que tu veux, mais je veux quelqu’un qui ai les idées claires, je ne me mettrais jamais avec quelqu’un qui prend quoique ce soit et c’est comme ça. » Je l’aimais déjà alors, ça n’a fait qu’un tour dans ma tête, j’ai arrêté. Grâce à elle, j’ai réalisé que l’on pouvait m’aimer sans.

            6- Quels ont été les principaux défis à surmonter lors du processus de guérison ?

            Le manque, parce que pendant la redescente, le plus important c’est d’en reprendre avant de te sentir défaillir. Sinon c’est comme un état grippal : des courbatures et des maux de tête. Et psychologiquement, c’est compliqué, tu serais prêt à faire 100 bornes pour aller en acheter, ça en dit long. Ça a duré deux mois comme ça. C’était éprouvant, je suis même tombé malade, mais je faisais bonne figure. Ce qui m’a fait tenir, c’est ma volonté de changer, de grandir, c’est une forme de maturité je suppose ? Évoluer avec la personne que j’aime, c’était une belle motivation aussi.

            7- Comment perçois-tu aujourd’hui cette période de ta vie ?

            Fun, j’ai aucun mauvais souvenir des soirées quand j’en prenais, au contraire c’était sans doute les meilleurs. A contrario, je ne peux pas me voir en peinture quand il s’agit d’une photo ou d’une vidéo pendant une soirée à cette période. Mais je sais tout de même que c’était un tout autre Liam, et se Liam je l’ai regardé partir quand je suis devenu une meilleure version de moi-même. J’en suis plutôt fière maintenant.

            « C’est quelque chose qui doit venir de soi-même »

            8- Que dirais-tu à quelqu’un qui traverse actuellement ce que tu as vécu ?

            Je ne peux rien dire à quelqu’un qui est sous l’emprise de l’addiction, tant qu’il n’a pas le déclic d’arrêter, c’est difficile de l’aider. C’est quelque chose qui doit venir de soi-même.

          1. « Précarité Alimentaire : Quand la Solidarité Ne Suffit Plus à Répondre à la Demande »

            « Précarité Alimentaire : Quand la Solidarité Ne Suffit Plus à Répondre à la Demande »

            Dans une zone industrielle où les hangars se dressent sous un ciel gris d’hiver, l’atmosphère glaciale laisse place à une chaleur humaine palpable. Sur ce site, les banques alimentaires, actives depuis quatre décennies, incarnent un rôle fondamental en collectant, valorisant et redistribuant les excédents alimentaires à travers un réseau d’associations. Leur mission s’incarne quotidiennement grâce à des bénévoles engagés qui, dès le matin, se réunissent autour d’un café avant de s’activer dans une organisation minutieuse. Ces lieux abritent une solidarité permettant d’offrir l’équivalent de 22 800 repas à des étudiants précaires, des familles monoparentales, des personnes sans domicile fixe ou des travailleurs pauvres. Entre tri rigoureux et acheminement de produits frais, chaque geste participe à un effort collectif essentiel dans un contexte où deux tiers des bénéficiaires dépendent régulièrement de cette aide.

            Thierry, « responsable action jeune », la soixantaine bienveillante et le sourire franc, nous guide dans les entrailles d’un entrepôt logistique de 3 000 m², niché au cœur de la zone industrielle. Ce lieu, loué au port autonome de Bordeaux, s’anime chaque matin dès l’aube, lorsque sept véhicules prennent la route pour collecter plusieurs tonnes de denrées auprès des grandes surfaces. À leur retour, les bénévoles – une équipe dévouée de 70 à 90 personnes, pour la plupart retraitées – orchestrent un tri méticuleux, plaçant les produits dans des chambres froides afin de garantir leur fraîcheur. Ici, entre les rires échangés et les chariots qui s’entrecroisent, la solidarité s’organise avec une efficacité presque militaire, cinq jours par semaine.

            Un ballet constant dans les allées remplies de cagettes

            Chaque denrée, pesée et identifiée avec une rigueur exemplaire, intègre une chaîne logistique pensée dans les moindres détails. Les allées encombrées de cagettes témoignent d’un ballet constant, où chaque bénévole trouve sa place dans ce rouage solidaire. Les produits, redistribués aux associations partenaires, coûtent seulement 28 centimes par kilo, une participation symbolique qui soutient l’équilibre du système. Rien n’est laissé au hasard : même les denrées impropres à la consommation humaine sont valorisées, que ce soit pour l’alimentation animale ou par la méthanisation, illustrant un engagement fort en faveur de l’anti-gaspillage.

            Un engagement fort en faveur de l’anti-gaspillage

            Présentes dans chaque département, les banques alimentaires constituent une véritable colonne vertébrale de la lutte contre la précarité alimentaire en France. Avec 4 000 tonnes de produits redistribués chaque année, elles répondent à une demande qui ne cesse de croître. Si les financements – issus des enseignes, des collectivités territoriales et d’initiatives ponctuelles comme les foires au vin – permettent pour l’instant de tenir bon, le défi reste immense. Dans un contexte où les besoins explosent, l’équilibre repose sur l’engagement quotidien des bénévoles et la générosité d’un réseau mobilisé. Mais face à l’intensification de la précarité alimentaire, le combat continue, plus vital que jamais.

            Salomé Menu, le 20-12-2024

          2. « Une journée d’accueil riche en découvertes pour les étudiants à Bordeaux »

            « Une journée d’accueil riche en découvertes pour les étudiants à Bordeaux »

            La Ville de Bordeaux organise la 25ème édition de « Bordeaux accueille ses étudiants » le samedi 5 octobre 2025, de 10h à minuit. Les étudiants profitent d’une journée gratuite pour explorer le patrimoine, la culture et les lieux insolites de Bordeaux !  

            La journée commence avec une rencontre à l’Opéra, où tu obtiens toutes les infos utiles pour ta vie étudiante, suivie d’une classe ouverte du Ballet de l’Opéra, un moment exceptionnel à ne pas manquer ! 

            Plus de 20 espaces proposent des activités variées l’après-midi : ateliers créatifs, jeux, performances artistiques et bien plus encore. C’est l’occasion parfaite pour découvrir les bons plans étudiants, rencontrer d’autres jeunes et vivre une journée unique dans la ville. 

            La soirée se conclut par la Nuit des Bibliothèques, qui célèbre le cinéma à travers des ateliers et des spectacles organisés dans plusieurs bibliothèques.