Drogue, agressions, harcèlement de rue, meurtres… Au marché des Capucins, l’ambiance n’est plus seulement à la vente et à l’échange. Derrière les étals, commerçants et riverains témoignent d’un quotidien de plus en plus inquiétant.
Ce jeudi 27 février, sous un ciel gris, les allées du marché des Capucins s’animent comme à leur habitude. Les clients font leurs emplettes, les marchands installent leurs produits et échangent avec leur clientèle. Pourtant, derrière cette routine commerciale, un sentiment d’inquiétude persiste. Plusieurs commerçants partagent une même appréhension face à l’insécurité croissante dans le quartier. Le marché des Capucins et ses alentours sont depuis longtemps connus pour être un secteur sensible, mais la situation semble empirer, entre trafics, harcèlement de rue et violences.
Ces derniers temps, les faits divers s’enchaînent autour du marché. Trafic de drogue, violences, harcèlement de rue… En un mois, deux meurtres ont secoué le quartier, dont un à quelques rues des étals. Riverains et commerçants, excédés, dénoncent une situation qui bascule dans l’horreur.
« C’est lié à la drogue, tout est lié à la drogue », lâche Charlotte, marchande de fruits et légumes. Il y a une semaine, un homme a été exécuté en pleine rue, tout près du marché. Il y a peu, un individu ivre ou sous l’emprise de stupéfiants a arraché une bouteille chez un commerçant avant de le menacer avec.
L’insécurité ronge désormais leur quotidien. Certains commerçants ont été suivis après leur service, d’autres se font harceler ou agresser. « L’année dernière, une employée de bureau a été poignardée pour 200 euros. Elle n’est pas morte, mais en est totalement traumatisée », souffle Charlotte.
« Je me sens plus en sécurité au Mexique qu’ici… »
Face à cette montée de l’insécurité, les commerçants oscillent entre résignation et solidarité. Gaëlle, qui travaille Chez Christophe depuis huit ans, avoue qu’elle évite certains endroits : « Je change de trottoir quand je vois des gens qui pourraient m’embêter. » La rue Élie Gintrac revient sans cesse dans les conversations, tant elle incarne l’insécurité du quartier. Considérée comme un point sensible du trafic de drogue et des agressions, elle est redoutée par les commerçants et riverains, qui préfèrent l’éviter par précaution. Anne, qui tient une boulangerie, ne cache plus son inquiétude : travailler seule dans ce contexte devient difficile. Même constat pour Andrea, une étudiante mexicaine employée chez Un brin d’Asie : « Je me sens plus en sécurité au Mexique qu’ici… » Pourtant, au milieu de cette tension, une lueur d’espoir subsiste : la solidarité entre marchands. « On s’entraide, on se soutient », affirme Charlotte. Mais jusqu’à quand pourront-ils tenir face à une insécurité qui gangrène leur quotidien ?
Salomé Menu, EFJ Bordeaux, le 27 février 2025

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